On sait depuis l’Antiquité que les parfums des plantes aromatiques peuvent améliorer le bien-être mental et physique. Elles étaient utilisées dans les cultures chinoises, égyptienne ancienne, grecque ancienne et romaine pour la guérison et les cosmétiques. À l’époque moderne, l’aromathérapie a été développée, notamment par des scientifiques d’Europe de l’Est, qui l’ont également utilisée pour traiter, entre autres, la tension artérielle et les problèmes de sommeil et de respiration.

L’aromathérapie, qu’est-ce que c’est ?

Le préfixe « aroma », pourrait donner à penser que l’aromathérapie se résume à diffuser d’agréables odeurs juste pour le plaisir. Mais, le suffixe « thérapie » indique bien qu’il s’agit d’une approche de soin complexe, constituée par les essences aromatiques de certaines plantes, agrumes, résine ou bois. Utilisées depuis des millénaires, les plantes aromatiques ont toujours été tenues en haute estime par le monde entier. Les essences aromatiques tirées de ces plantes sont appelées couramment « huiles essentielles ».

L’aromathérapie est donc l’utilisation des huiles essentielles à des fin thérapeutiques.

Principe actif

L’aromathérapie utilise des huiles essentielles de plantes médicinales comme parfums. Ceux-ci déclenchent des réactions émotionnelles dans le cerveau via le nerf olfactif et influencent ainsi diverses fonctions corporelles. En outre, ils peuvent également être absorbés directement par la peau et atteindre les organes via la circulation sanguine. Les plantes médicinales utilisées comprennent notamment : Anis, bergamote, eucalyptus, fenouil, géranium, jasmin, lavande, marjolaine, menthe, menthe poivrée, romarin, bois de santal et cannelle.

Les huiles sont administrées par voie orale ou par inhalation, et sont également utilisées en usage externe sous forme de bains, de massages ou d’enveloppements.

Domaines d’application

L’aromathérapie est principalement utilisée pour les troubles psychosomatiques et émotionnels. L’eucalyptus, par exemple, est utilisé contre la fièvre et comme expectorant pour les rhumes. Le fenouil soulage les maux d’estomac et les nausées, la menthe poivrée aide les maux de tête. L’huile de citron et de camomille aide à lutter contre le stress et l’anxiété, l’huile de lavande aussi contre la douleur, l’huile de mélisse a un effet calmant et l’huile d’orange augmente la vigilance.

L’aromathérapie est-elle efficace ?

Les effets sur le système nerveux central, notamment les effets sur l’humeur, et les influences sur le système hormonal ont été confirmés. Des études scientifiques prouvent l’efficacité de l’aromathérapie pour un certain nombre de symptômes physiques et psychologiques (voir ci-dessus).

Caractéristiques spéciales

Les huiles aromatiques sont bien tolérées et provoquent rarement des réactions d’intolérance. Il s’agit, par exemple, d’allergies lors de l’application des huiles aromatiques sur la peau. Étant donné que les substances allergisantes peuvent également résulter du contact avec l’oxygène, il convient de n’acheter que de petits flacons qui doivent être utilisés rapidement et fermés hermétiquement après usage. Il est important que l’utilisation par jour soit limitée dans le temps, c’est-à-dire qu’une utilisation continue n’est pas conseillée. Les personnes ayant une tendance connue aux allergies, les femmes enceintes et les enfants de moins de 12 ans ne doivent utiliser les huiles aromatiques qu’avec prudence. Pour les petits enfants et les nourrissons, ils ne doivent être utilisés que dans le cadre d’un rhume. Ici, il est important de ne pas appliquer les huiles près du visage.

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

L’huile essentielle est une essence volatile extraite de plantes aromatiques par la distillation par entraînement à la vapeur d’eau. C’est une substance odorante produite par certaines plantes, épices ou oléorésines. On utilise les sommités fleuries (lavande, romarin, rose), feuilles tea-tree, eucalyptus), les graines ou fruits (anis, fenouil, citron, orange.), les racines (vétiver, angélique), le bois (cèdre, santal.), le rhizome (gingembre, curcuma.), l’écorce (cannelier..), ou la résine (encens, myrrhe). Tout ce qui peut être extrait sous forme de liquide. Bien qu’on les appelle “huiles”, ces substances ne contiennent aucun corps gras.

Le règne végétal compte plusieurs centaines de milliers d’espèces et 4 000 d’entre elles fabriquent des essences aromatiques ; dont seulement quelques centaines en quantité suffisante pour qu’on puisse les extraire. Aujourd’hui, l’extraction se fait principalement selon ces procédés :

Pression mécanique à froid ou technique de l’enfleurage, pour les zestes d’agrumes comme l’orange ou le citron ;

Extraction par solvant chimique ou alcool, dont le dioxyde de carbone CO2, surtout pour les fleurs fragiles ;

Distillation par entraînement à la vapeur d’eau (inventé au XIe siècle). Il est le plus utilisé aujourd’hui et le plus respectueux.

Graisses animales pour les concrètes ou les baumes : très utilisée à Grasse, pour les fleurs et les roses.

Les produits obtenus sont soit des huiles essentielles, soit des absolus, soit des eaux florales, dont la concentration en huiles essentielle est moindre et qui ne se conserve qu’un an. La conservation des huiles essentielles est quant à elle légalement autorisé à 5 ans. On peut espérer les conserver jusqu’à 10 ans sans que leurs propriétés soient altérées ou même en fonction des conditions de stockage de celles-ci (à l’abri de la chaleur, entre 5°C et 40°C, et de la lumière, fermeture étanche du flacon). Les essences de citrus ne se conservent que 3 ans.

L’extraction des huiles essentielles peut être très coûteuse, surtout à cause de la très grande quantité de matière première qui est nécessaire à la production de petite quantité d’huile essentielle. Il faut compter environ 35 kg de plantes, pour obtenir 1 litre d’huile essentielle. Bien davantage dans le cas de certaines plantes comme la rose. D’où le prix élevé et variable des véritables huiles essentielles, en fonction de la rareté de la plante et de son besoin en quantité. Il existe cependant des huiles synthétiques, qui conviennent à la parfumerie, mais pas à l’aromathérapie car elles n’ont aucun pouvoir thérapeutique.

Des composés chimiques complexes

Une huile essentielle peut renfermer jusqu’à plusieurs centaines de sortes de molécules, chacune ayant des propriétés particulières (antiseptique, bactéricide, immunostimulante, décongestionnante, apaisantes, antispasmodique, stimulantes, anti-inflammatoires, etc…).

Les scientifiques regroupent ces molécules en plusieurs chémotypes ou « familles biochimiques », cétones, acides, aldéhydes, alcools, esters, ethers, sesquiterpènes, monoterpènes, oxydes aromatiques, hydrocarbures, phénols. Cette véritable carte d’identité de l’huile essentielle est le reflet de ses propriétés et diffère en fonction de ses espèces, son origine géographique, son organe producteur, la nature du sol, l’altitude, la durée d’ensoleillement et son environnement végétal.

De nombreuses huiles comprennent bien plus qu’un chémotype. Par exemple, l’huile essentielle de sauge sclarée (Salvia sclarea), contient 250 molécules différentes. Les molécules travaillent en synergie, ce qui explique la polyvalence des huiles essentielles et leurs vastes spectres d’action. Une fois que l’on connaît les propriétés des chémotypes ainsi que leur concentration dans une huile essentielle, on peut déterminer quels seront les effets de celle-ci.

Pour une même plante, les propriétés de son huile essentielle et celles de ses feuilles ou de ses fleurs, peuvent être très différentes et avoir des effets avec des spectres d’action divers. De même, qu’il ne faut pas confondre huiles essentielles, essences culinaires et parfums.

Enfin, il faut savoir qu’une même plante peut inclure diverses espèces, dont chacune possédera des chémotypes différents. La lavande (Lavandula), par exemple, compte plusieurs espèces dont les officinalis, les stoechas et les latifolia; c’est donc le nom latin complet qui nous permet de savoir de quelle plante exacte il s’agit.

Huile chémotypée ou artisanale ?

Les huiles essentielles, dites « chémotypées », ou HECT proviennent de laboratoires qui sont en mesure de déterminer la structure biochimique exacte de leurs produits. Ils sont en mesure de produire des certificats avec tous les composants de l’huile essentielle. Ces huiles sont particulièrement bien indiquées pour les usages thérapeutiques spécifiques, tandis que les huiles artisanales (identifiées uniquement par le nom de la plante) conviennent aux usages plus généraux et ne sont soumises à aucun contrôle officiel. A utiliser donc avec toutes les précautions d’usage.

L’utilisation des huiles essentielles

Les huiles essentielles peuvent être utilisées par voie interne, externe ou aérienne (dite aussi olfactothérapie) mais avec les précautions requises car ce sont des molécules actives très puissantes.

Les huiles essentielles par voie interne

Les huiles essentielles sont parfois irritantes pour les muqueuses, on les mélange généralement à un peu d’huile végétale (bio de préférence), à du miel ou à de la mie de pain car elles ne se diluent pas dans l’eau. En pharmacie, on peut acheter des préparations toutes faites type oléocapsules (avec une base d’huile végétale et capsules gastro-résistantes) ainsi que des préparations en gélules, et en suppositoires ou ovules qui seront fabriquées à votre demande grâce à une prescription.

Les huiles essentielles par voie externe

L’huile peut se diffuser dans l’organisme à travers la peau ; on la mêle à une huile végétale de massage (bio de préférence) ou à une cire, un onguent, une crème ou un lait corporel.

Par voie aérienne : les huiles essentielles en diffusion

L’huile essentielle diffusée dans l’air par un diffuseur est absorbée par les voies respiratoires et arrive au cerveau par le bulbe olfactif, là où se situe l’action thérapeutique psycho-émotionnelle ; il existe plusieurs modes de diffusion :

  • Les diffuseurs à soufflerie en verre permettent une nébulisation des huiles et une diffusion dans un espace assez vaste ; c’est la méthode la plus performante pour un usage thérapeutique par voie aérienne ;
  • Diffuseur à ventilation. Bien pour les grandes salles/stages/groupes, car diffuse rapidement. Peu d’effets thérapeutiques
  • Diffuseurs en porcelaine par diffusion électrique, procure une diffusion d’huile essentielle douce. Convient à des petits volumes de pièce.
  • Diffuseurs multifonctions (humidificateur/ionisateur/changeant de couleur). Pas d’efficacité réellement thérapeutique hormis l’hydratation pour les humidificateurs.
  • Les ventilateurs (dans les systèmes d’aération pour les maisons et les voitures par exemple) sont efficaces sauf si des filtres obstruent les moyens de diffusion.
  • La méthode passive (poterie poreuse) ne permet qu’une faible évaporation, sans que les particules puissent agir véritablement sur la qualité de l’air ; la visée de cette méthode est plutôt odorante.
  • La chaleur (anneau en terre cuite ou en laiton sur une lampe, ou sur une chandelle) diffuse le parfum, mais risque de détruire les propriétés thérapeutiques des huiles essentielles en les chauffant ; Attention, souvent vendus avec une huile de synthèse, qui brûle. La diffusion dans les brûles-parfum avec des bougies type chauffe-plat peut être potentiellement dangereuse avec des risques d’incendie car l’eau s’évapore en moins de 2 h.

 Précautions d’emploi

Les huiles essentielles sont très concentrées en éléments chimiques actifs et peuvent donc présenter certains dangers. Il est donc indispensable de le manipuler avec précautions surtout pour les enfants de moins de 10 ans et les adultes potentiellement fragiles (femme enceinte ou allaitante, personnes âgées, épileptiques, asthmatiques…) et d’être accompagné par un professionnel de santé dans leur utilisation.

En usage externe, on les emploiera toujours diluées dans de l’huile végétale avant application. En effet, certains composés peuvent être dermocaustiques donc irritants (les phénols : le clou de girofle, l’origan, la sarriette des montagnes et certains aldéhydes comme le lemongrass, la cannelle, etc…) ou allergènes 2, ou photosensibilisants (toutes les essences de zestes comme le citron, l’orange, la mandarine, pamplemousse avec furocoumarines, bergamote…et même l’angélique et la khella) pour la peau et les muqueuses.

Huiles essentielles à ne pas diffuser : les phénols (cannelier de ceylan, origan, giroflier, sarriettes, thym vulgaire à thymol) et les cétones (armoise blanche, sauge officinale, hysope officinale) car elles sont irritantes pour les muqueuses respiratoires

En ce qui concerne l’usage interne, il faut savoir que certains chémotypes, comme les cétones, sont des poisons et ne doivent jamais être absorbés par voie orale sur des périodes trop longues et à forte dose :

En usage important et répété, certaines peuvent être hépato-toxiques (les phénols) ou neuro-toxiques (les cétones comme la menthe poivrée, l’eucalyptus mentholé, etc…). L’huile essentielle de romarin à camphre peut déclencher des crises d’épilepsie chez certains sujets à risque.

Les huiles essentielles ne doivent pas, être ingérées ou utilisées pures. Il importe de bien se conformer aux recommandations d’utilisation. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter un aromathérapeute qualifié ou un pharmacien spécialisé.

 Les applications thérapeutiques de l’aromathérapie

Les spécialistes Français, chefs de file de l’aromathérapie scientifique contemporaine comme R.M. Gattefossé, J. Valnet, J.C. Lapraz, C. Duraffourd, P. Belaiche, D Baudoux, ont identifié plus de 80 propriétés s’appliquant à la quarantaine d’huiles essentielles courantes.

Le mode d’action des huiles essentielles se manifeste de différentes manières et montre une importante diversité. Elles ont une activité directe sur les micro-organismes pathogènes (bactéricides, antivirale, antifongique.), sur plusieurs fonctions physiologiques particulières (elles peuvent par exemple avoir la même analogie structurale que les oestrogènes) et sur notre métabolisme (exemple : action sur notre système neuro-végétatif).

D’où de nombreuses vertus : antalgique, antispasmodique, anti-inflammatoire, cholérétique, cholagogue, anti-prurit, vermifuge, en passant par hypotenseur et stimulant gastrique, etc…

Cependant, les preuves de l’efficacité de l’aromathérapie dans le traitement médical restent pauvres avec un manque d’études employant des méthodes cliniques rigoureuses. Cependant, les conséquences de leur usage semblent clairement indiquer leur véritable potentiel thérapeutique.

La difficulté d’établir des études en double aveugle, puisque la présence d’huile essentielle se détecte par l’odeur, crée un problème méthodologique important.

Néanmoins, des parutions de plus en plus nombreuses démontrent leur efficacité.

|