Les villes de l’avenir nous posent les plus grands problèmes et nous offrent les plus grandes opportunités. La réalisation de l’une ou l’autre de ces options dépend de la façon dont nous pensons et planifions aujourd’hui la ville de demain et de la voie concrète que nous nous fixons pour un avenir souhaitable.

Le cadre de notre avenir : les mégatendances mondiales

Les mégatendances mondiales marquent la marge de manœuvre dont nous disposons pour concevoir et développer un avenir souhaitable, une ville où il fait bon vivre : En 2050, l’écrasante majorité de la population mondiale vivra dans les villes. En Europe densément peuplée, ce chiffre représente déjà plus des trois quarts de la population, et il va continuer à augmenter. Nous devons donc penser dans de nouvelles dimensions pour la ville de l’avenir : ce qui est aujourd’hui une “méga-ville” sera la norme dans quelques décennies.

Les questions de l’offre, de la mobilité (la contradiction entre la voiture et la ville : solutions pour l’avenir) et des cycles économiques des centres-villes (comment produire pour rester compétitif ?) doivent être posées et répondues à nouveau face à cette immense croissance urbaine dans le cadre de la mégatendance de l’urbanisation. La question sociale clé dans la compétition pour les opportunités futures est donc de savoir dans quelle mesure nous pouvons nous-mêmes nous adapter à ces développements à un stade précoce et développer de nouveaux modèles de vie urbaine et d’activité économique.

Notre défi : le nouvel écosystème de la ville

Une des clés de la ville de demain est la conception et la mise en place de nouveaux modèles commerciaux collaboratifs. Les systèmes urbains tels que l’énergie, la mobilité, la logistique, la production, la communication ou les services axés sur les citoyens sont déjà en train d’être redéfinis aujourd’hui. À l’avenir, la concurrence entre de nombreux acteurs pour des fonds publics toujours plus rares sera remplacée, par exemple, par des partenariats public-privé pour le financement et l’exploitation de bâtiments ou d’infrastructures. Aujourd’hui, cependant, nous manquons toujours de modèles pratiques et innovants pour financer ces futurs modèles de la nouvelle économie urbaine.

Le rôle des citoyens en tant que tels sera également différent dans la ville de l’avenir : La participation sera de plus en plus remplacée par une participation active et en particulier dans les processus décisionnels : Il existe déjà de nombreux exemples de citoyens s’organisant en coopératives et investissant dans des centrales de cogénération urbaine, l’éclairage public, des équipements culturels ou des services sociaux innovants.

Qui tire les ficelles des futurs services urbains intelligents ?

Ce qui a manqué jusqu’à présent à la discussion sur la “ville intelligente”, c’est la compréhension des concepts d’urbanisme intelligent en tant qu’opportunités d’investissement à une époque où l’argent à la banque rapporte de moins en moins d’intérêts. L’un des défis les plus passionnants pour la recherche appliquée consistera donc à accompagner des concepts visionnaires de concepts de financement viables et à réaliser ces concepts en collaboration avec les citoyens, l’administration municipale et les entreprises.

Un laboratoire vivant pour la ville du futur

Les villes du XXIe siècle sont prospères si elles encouragent la créativité et l’innovation en tenant compte des besoins humains et si elles perçoivent leurs propres habitants non seulement comme des bénéficiaires de ressources publiques mais aussi comme leur “capital” pour la production de biens publics. Pour ce changement de paradigme dans la relation entre la ville (l’urbanisation étant conçue différemment : les villes en tant que communautés de prestataires de services) et ses habitants, les citoyens doivent pouvoir participer aux processus de développement urbain dès le début en créant des espaces de communication et d’échange.

C’est la mission centrale de l’initiative Fraunhofer Morgenstadt en Allemagne qui, depuis 2011, étudie la réalisation de la ville de demain avec de nombreux partenaires issus de la recherche, des municipalités et de l’industrie. Le temps nous dira si cet avantage novateur nous permettra de façonner la transformation des villes non seulement dans notre pays mais aussi à l’étranger. Mais pour y parvenir, les villes, les entreprises, la politique, la recherche et la société doivent s’unir.