Quand Marie m’a appelé l’année dernière, sa première question n’était pas sur les tarifs. Elle voulait savoir une chose : « Ma mère va-t-elle s’ennuyer là-bas ? » Cette inquiétude, je l’entends chaque semaine. Les familles imaginent des couloirs silencieux, des résidents immobiles devant la télé. La réalité que j’observe sur le terrain est bien différente.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif sur le fonctionnement général des EHPAD. Chaque établissement a ses spécificités. Pour connaître l’organisation précise d’un EHPAD, contactez directement l’établissement ou un conseiller spécialisé.
L’essentiel à retenir
- La journée type est rythmée : lever vers 7h30-9h, quatre repas, activités l’après-midi
- Les animations sont quotidiennes : ateliers mémoire, gym douce, activités manuelles
- L’équipe soignante assure une présence permanente : 62 professionnels pour 100 résidents en moyenne
- La famille peut visiter tous les jours sans autorisation préalable depuis la loi Bien vieillir
- La période d’adaptation dure généralement 1 à 3 mois
Une journée type en EHPAD : du lever au coucher
Franchement, ce qui surprend le plus les familles lors des premières visites, c’est le rythme. Pas celui qu’on imagine — uniforme, militaire — mais un rythme adapté à chaque résident. J’ai accompagné Lucienne, 87 ans, lors de son entrée dans un établissement du quartier Saint-Michel à Bordeaux. Les premiers jours, elle refusait de quitter sa chambre pour le petit-déjeuner. Le personnel n’a pas forcé. Pendant dix jours, elle a mangé en chambre. Puis un matin, elle est descendue d’elle-même.

Selon les recommandations des experts du secteur médico-social, le petit-déjeuner est généralement servi entre 7h30 et 9h. Le jeûne nocturne ne doit pas dépasser 12 heures entre le dîner et le premier repas. Ça paraît technique, mais concrètement, cela signifie que votre proche ne sera pas réveillé à 6h du matin si ce n’est pas son rythme.
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Lever, toilette, habillage avec aide si besoin -
Petit-déjeuner en chambre ou en salle commune -
Activités du matin ou temps libre -
Déjeuner en salle de restaurant -
Animations, sorties, visites familles -
Dîner -
Coucher selon préférences du résident
Le quotidien varie selon le niveau de dépendance
Un résident GIR 5-6 (peu dépendant) conserve une grande liberté de mouvement et participe activement aux activités collectives. Un résident GIR 1-2 (très dépendant) bénéficie d’un accompagnement personnalisé pour chaque geste du quotidien : toilette, repas, déplacements. L’EHPAD adapte le projet de vie personnalisé à chaque situation.
Les activités et animations : bien plus que des occupations

« Elle ne veut rien faire. » Cette phrase, je l’ai entendue des dizaines de fois. Et dans les dossiers que je suis, c’est rarement vrai à long terme. Je pense à Mme Durand, ancienne institutrice de 84 ans. Les trois premières semaines après son entrée, elle refusait toutes les activités. Elle restait dans sa chambre, persuadée qu’on voulait la traiter comme une enfant. Et puis l’animatrice lui a proposé d’aider à l’atelier lecture. Trois mois plus tard, c’est elle qui l’animait.
D’après les données de la nouvelle réglementation EHPAD entrée en vigueur en janvier 2025, l’accès aux animations collectives fait désormais partie des prestations minimales obligatoires. Concrètement, votre proche ne peut pas se voir refuser la participation à une activité organisée dans l’établissement.
Ce que les familles ne savent pas toujours : les animations ne se limitent pas aux jeux de société et à la gym douce. Dans les établissements que je visite régulièrement, je vois des ateliers cuisine, des séances de jardinage thérapeutique, des sorties au marché, des interventions de musiciens. Certains organisent des rencontres intergénérationnelles avec des écoles du quartier. Cette liste n’est pas exhaustive — chaque EHPAD construit son propre programme selon son projet de vie.
Attention au piège classique
Croire que l’absence de participation aux activités signifie un échec. Certains résidents préfèrent la lecture solitaire, les promenades dans le jardin, ou simplement observer depuis le salon. Respecter ce choix fait partie de l’accompagnement. Le forcing est contre-productif.
L’accompagnement médical au quotidien : ce que votre proche peut attendre
Votre proche sera-t-il vraiment suivi médicalement ? C’est la question qui angoisse le plus. Soyons clairs : un EHPAD n’est pas un hôpital. Mais ce n’est pas non plus une simple maison de retraite des années 80.
Selon les données DREES publiées en octobre 2024, les EHPAD emploient en moyenne 62 professionnels pour 100 résidents (tous personnels confondus). Parmi eux, environ 50% sont des soignants : aides-soignants et infirmiers. Un médecin coordonnateur supervise l’ensemble de la prise en charge médicale.
Dans ma pratique d’accompagnement des familles, je recommande toujours de visiter l’établissement à l’heure du déjeuner. C’est le moment où vous verrez la vraie ambiance : comment le personnel s’adresse aux résidents, la patience lors de l’aide au repas, l’atmosphère générale. Une visite sur rendez-vous un mardi à 15h ne montrera pas la même réalité. Pour trouver un établissement adapté près de chez vous, vous pouvez consulter les EHPAD à Royan ou dans votre département.
Conseil pratique
Demandez qui sera le référent de votre proche parmi le personnel soignant. Avoir un interlocuteur identifié facilite la communication et le suivi au quotidien.
D’après le décret n°2025-897 du 4 septembre 2025, chaque EHPAD doit disposer d’un médecin coordonnateur qui élabore le projet de soins et préside la commission de coordination gériatrique. Cette commission se réunit au minimum une fois par an pour évaluer la qualité des soins.
Ce qu’un EHPAD ne peut pas garantir
Un médecin présent 24h/24 (le médecin coordonnateur intervient sur des plages définies). Une prise en charge hospitalière en cas d’urgence grave (transfert nécessaire). Une chambre individuelle dans tous les cas (selon disponibilité et tarification). Soyez réalistes sur ces limites pour éviter la déception.
Votre rôle de proche : comment rester présent au quotidien
Mon avis après des années d’accompagnement : les familles qui vivent le mieux l’entrée en EHPAD de leur proche sont celles qui restent impliquées sans culpabiliser. Ce n’est pas un abandon. C’est une nouvelle forme de relation.

Depuis la loi Bien vieillir d’avril 2024, les EHPAD doivent garantir aux résidents le droit de recevoir chaque jour des visites sans autorisation préalable. L’établissement ne peut s’y opposer que dans des cas très limités : menace pour l’ordre public ou risque sanitaire grave. Vous pouvez donc venir quand vous le souhaitez.
Ce que je conseille toujours aux familles : ne pas venir tous les jours au début. Ça peut paraître contre-intuitif. Mais laisser votre proche créer ses propres repères avec le personnel et les autres résidents fait partie de l’adaptation. Comptez environ 1 à 3 mois avant une vraie stabilisation. Ce délai varie selon l’état cognitif de la personne et — je l’observe régulièrement — selon l’attitude de la famille elle-même.
Avant d’envisager un placement, certaines familles optent pour la téléassistance pour protéger les seniors tout en prolongeant le maintien à domicile. Mais quand cette solution ne suffit plus, l’EHPAD devient souvent la meilleure option pour sécuriser le quotidien.
Questions à poser sur le quotidien lors de votre visite
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À quelle heure mon proche peut-il se lever s’il le souhaite ?
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Les repas peuvent-ils être pris en chambre si besoin ?
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Quel est le programme d’animation de la semaine type ?
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Qui sera le référent de mon proche parmi le personnel ?
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Comment êtes-vous organisés la nuit ?
Questions fréquentes sur la vie quotidienne en EHPAD
Mon proche peut-il garder ses habitudes de lever et de repas ?
Dans la plupart des EHPAD, le résident peut demander à prendre son petit-déjeuner en chambre et à se lever à son rythme, dans une plage horaire raisonnable. Le projet de vie personnalisé, élaboré dès l’admission, recueille ces préférences. Parlez-en lors de la première rencontre avec l’équipe.
Que se passe-t-il si mon proche refuse de participer aux activités ?
Le refus est respecté. L’équipe d’animation proposera régulièrement, sans forcer. Dans mon expérience, beaucoup de résidents qui refusaient au départ finissent par trouver une activité qui leur correspond après quelques semaines d’observation.
Puis-je emmener mon proche déjeuner à l’extérieur ?
Oui, c’est généralement possible en prévenant l’établissement pour qu’il adapte les soins et les repas. Certains EHPAD demandent un préavis de 24 à 48 heures pour des questions d’organisation. La loi Bien vieillir renforce ce droit à maintenir une vie sociale et familiale.
Comment l’EHPAD gère-t-il les moments de confusion ou d’angoisse ?
Le personnel est formé à l’accompagnement des troubles cognitifs. Des techniques de réassurance, de réorientation et parfois l’intervention du psychologue de l’établissement permettent de gérer ces moments. N’hésitez pas à demander comment l’équipe procède lors de votre visite.
Et maintenant ?
Plutôt que de vous inquiéter de ce que vous ne pouvez pas contrôler, concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire : visiter plusieurs établissements, poser les bonnes questions, et surtout — restez présent après l’entrée. La qualité du lien familial reste le meilleur indicateur de l’adaptation de votre proche.
